Où il est démontré par les travaux d'Hector-Marie Despladt et Ether-Michel Pillequant qu'il ne saurait être question d'art et d'être sans acte ni pensée : ni maux ni mots.
Chapitre III du De catena legenda labyrintorum artis I-machinantis
Ces deux êtres, l'oulip-herméneute H.-M. D. et l'aède-exégète E.-M. P., sont chacun le seul ottorisé à décortiquer la noisette conceptuelle du sens i.-m.achinaire, en voici deux preuves.
la gloire de la glose est d'atteindre à la glyptique ou exégèse fondamentale du jaillissant et dru poïein I-machinaire
"ainsi tu ne luras l'accolante tortouse" (Anne-Rufus Papillon de Lasphrise)
dans la pantenne
pecteuse où patouille pour son halitueuse majorité le
dit "art moderne", il faut
quelques qualités rares en nombre inhabituel pour
affirmer aussi iréniquement et voluptueusement que Rico da Halvarez et Raphaëlo
de Vicienti que l'artiste n'est pas un
rossignol de course. tant et tant de brigades michetonnières
de nouveaux Bonhommet ont aujourd'hui envahi les lieux
qu'on peut bien aller répétant que l'art moderne est
aphélie et se détourner non moins nigaudement que ses
fidèles troupiers se prosternent : tel mépris est
insipide au regard du but, veule en fait ; son
intorpillabilité n'est que celle même de la tumuleuse
bedaine de M. Jourdain.
pantenne pecteuse ( photo R. da Halvarez ) |
il faut plus résolument que le clou archétypique de la conviction, plus titanesquement que le tunnel sous la Manche ou que Bocuse & les Troisgros réunis, se mettre à l'oeuvre. ce qui nous requiert, mes bons, c'est la visio à sa naissance naïve, à son phanein. laissons donc nos benoïts et ringards verrats plastiques, muséaux, galeriques - ceux du moins qui lèvent parfois le museau de la glandée qu'ils pâturent sans vergogne, surpris et peut-être crépusculairement affolés par l'amble de plus en plus dédorés de leur fatum - laissons-les tenter de nettoyer un peu, un tout petit peu... et passons outre, car voici l'irruption mûrie de longue date du dire I-machinaire, dont l'efficace peut être surabondamment auguré. les I-machines nous rouvrent parénétiquement, quand bien même l'apparente et contondante tabula rasa procédurale (qui est d'ordre néguentropique-didactique en fait), à l'instar du fer fécond fusant dans le grand rouvre, la porte des royaumes perdus, de l'Atlantide platonicienne à l'Allestone du mirifique William Matkin, qui en fut le père et le roi à l'âge de six ans et demi.
nous ne pourrons dans le cadre douloureusement limité de cet essai, esquisser exhaustivement et pérennement que quelques-unes des savoureuses virtualités de l'opus I-machinaire - mais la liberté naît de la contrainte, les beautés plastiques nouménales que notre méthode aléatoire optative d'épuisement du sens va permettre de dégager en sont la plus rassérénante représentation pratique. allons à l'essentiel, pour affirmer que si l'on considère la somme d'efforts que les hommes ont appliquée à se rendre un compte utile et satisfaisant du cosmos, du temps, des opérations de l'art et de la pensée dans l'histoire depuis les époques antiques, peu de moments saillent encore, tout s'enfouit peu à peu : fatalité que l'ars I-machinans vient rompre. en l'actuel epistemon relativiste qui nous sert de paradigme on peut poser ceci : que les I-machines sont au spime einsteinien (où faut-il le rappeler espace : space et temps : time mutuellement et de conserve s'observent, se testent, s'affouillent, se mêlent en un toujours évanescent et toujours reviviscent blurred fading cybernétique) ce que la clepsydre était au temps atavique des ères du bélier et du taureau. une formule le résume : dans le procès de la clepsydre, le temps s'écoule, dans la praxis poïématique I-machinaire, le spime se pulvérise.
en un moment intermédiaire certes, il y eut l'horloge pour moudre et prendre acte de la pulvérisation du temps, mais de manière si laborieuse dans l'excessif concassement tintinnabulant de rouages et spires poussifs, guère plus lestes qu'une couple de bovidés obsolètes foulant sous le soleil au zénith, qu'il est aisément constatable par tous que l'expérience I-machinaire renoue par delà ces grincements avec la grâce de la clepsydre ; il faut même dire pour être honnête que le chant supra-sphérique et numineux de ses composants, avec toute latitude introductive, thématique et conclusive laissée à la prise - qui génésiquement vraiment génère la modulation pulvérisante I-machinante -, dépasse en splendeur et fécondité l'ouvrage cristallin mais trop discret, monotone, de l'eau clepsydrale. nous concentrant maintenant sur les récents développements de la conscience holiste de l'humanité, nous voyons là, dans l'oeuvre rutilant devant nous, une libération du tréfonds pulsionnel jusqu'alors non explicite qui préside à l'expression des catégories esthétiques spécifiques dont en fait l'I-machinarité est la pointe extrême. ça pique. c'est bien la luxuriante et jouissive irruption I-machinaire, et rien d'autre, qui a permis l'apparition de symptômes comme celui-ci : "les rapports sexuels ont commencé / en mille neuf cent soixante-trois / (ce qui était plutôt tardif pour moi) / entre la fin de l'interdit Chatterley / et le premier 33 tours des Beatles" (High Windows, Philip Larkin, Farrar Straus et Giroux, New York, 1974). il n'y là nulle influence, nul montage maquignonesque de succès planétaire pour boys éventés ou autre puissance au front bas : des signes éloquents avaient déjà reflété la libération artistico-onirique I-machinale, comme dès 1957, cet hymne au réveil de la kundalini scandinave : Taenk hvis jeg var en cowboy's sweetheart (X8450, Immudico Productions), porté par l'organe sucré et plastique de Gitte Haenning. suite
une autre illustration de la richesse débordante du dire I-machinaire est le point de doctrine esthétique relatif à l'appartenance ou non du-dit dire au surplasticisme post-positiviste (cf. le "schème desplasien"). contribuerai-je à l'avancée de cette question en postulant un nécessaire préterplasticisme, seul propre à ancrer syntropiquement le surplasticisme dans son Ur-tat ; sans la richesse vénérable et la densité chaleureuse de terroir conceptuel originaire, vaguant alors dangereusement comme une monade pompette, le surplasticisme post-positiviste court un léger risque gaussien de dépassement de son but, transgression dommageable de fait : comme nous en avertit sagacement Roger Munier, "qui trans-gresse dépasse, et par là jamais n'atteint" (Opus incertum, Deyrolle, 1995). à la condition de réaliser sympathiquement, avec la verdeur requise - verdeur gersoise, donc - cet enracinement préterplastique, le vecteur intellectuel surplasticique me semble disposé à l'expansion herméneutique I-machinaire collégiale que nous tentons tous et dont les premiers succès couvrent déjà v.n.a.t.r.c.?* d'une gloire étincelante. ces ajustements sont commandés lucidement par ce principe que l'ars I-machinans ne saurait être réduit, qualité qu'il partage avec le trop méconnu Doubitchou de Valentinus Lobster-Hulwicz, le grand disciple morave d'Otto von Strassenbach. ce que je dis ici est très vrai. l'élément agissant du jeu I-machinaire quand à cet approfondisement épistémiologique de l'inscription conceptuelle holistique est celui-ci : la dimension fossile-futurible mirobolante du dit I-machineur en son entier, et de chaque I-machine dès le lieu de son invention et à chaque instant de sa mise en oeuvre ultérieure.
touchons un mot d'un autre enjeu contemporain, en narrant quelle sapide conjonction vint tout récemment encore apporter confirmation surérogatoire de la pertinence I-machinaire : je veux parler de la rencontre de Rico da Halvarez et Raphaëlo de Vicienti avec Astrée Galbiatta, où nous vîmes se dévoiler spontanément la compacte constellation matériale du plâtre des socles d'invention I-machinée et du béton anti-virtuel de la génération nouvelle d'agrégats (cf. g.n.a.p.b.l.) : tout ceci rend l'art le meilleur et ses tenants les plus vifs hautement conductibles, et nous réjouit. développant ses vertus apocalyptiques, il y a l'aspect éthéré, domanial et grenu de l'I-machine considérée en tant qu'unité onto-téléologique, et son aspect séminal, imprévisible et fondateur d'altérité en tant qu'élément d'intensivité au sein du monde I-machinaire. sous ce double rapport, l'I-machination apparaît comme un chemin du simple, le seul encore praticable peut-être aujourd'hui ; c'est là en fait, nulle part ailleurs, qu'un Joë Bousquet fêtait la possibilité d'"atteindre sans la philosophie le but qu'elle devrait s'assigner" (Langage entier, Rougerie, 1981), que se dégage une réponse à ce que Paul Virilio pointe comme "l'interrogation majeure" de notre temps : "l'inutilité d'une humanité en train de perdre tout rapport productif à son milieu de vie, à une terre qui ne serait plus qu'un vaste chantier abandonné" (Un paysage d'événements, Galilée, 1996). le règne qu'instaure avec bonheur l'I-machinisme de Vicienti & Halvarez nous rend, de par sa projectivité et sa telluricité mêmes, à un géotropisme poïétal très sûr.
nous n'en finirions plus d'explorer les
recès croustillants du sens I-machinaire,
il faudrait évoquer fût-ce d'un seul mot l'autre
conjonction esthético-historiale que les I-machines
elles-mêmes prévoient de réaliser bientôt : la mise
en rapport de l'espace architectonico-tectural michelangélique
d'exposition redécouvert par Vicienti
avec l'arche mémoriale méthodologique dont j'ai retrouvé
les linéaments chez Hughes de Saint-Victor,
tant il est vrai, "débarcadère de chaque chose et
son hermétique fraîcheur / le tout puissant
affleurement dont tu assures la mobilité", pour
citer Jacques Dupin qu'on croirait
vraiment ici inviter le regardeur à l'épectase
du geste I-machinaire. concluons donc
provisoirement en rassemblant dans une intuition finale
les pures et omni-impétrantes propriétés, la densité
surintelligible atypique et primordiale par quoi les I-machines
déjouent toute tentative de désexistenciation
entropique, et parviennent au rayonnement substanciel éminent
où s'effuse pour nos contemporains ébaubis, en sa
densité sublunaire maximale, la gloire ruisselante de ce
geste vainqueur
: l'acte et l'idée enfin réconciliés ; ou, pour le
dire autrement, les I-machines sont l'équivalent
sublime et coruscant du gingko biloba et
du scorpion : tout art moderne va disparaître avec ses
"entrepôts",
soufflé sinon laminé par sa propre fission
appauvrie ; les I-machines
se posent là, sont, resteront.
Ether-Michel Pillequant